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24/12/2009

Les premiers venus l'adorer ne sentaient pas bon

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Noël 2009 me rappelle que la naissance de cet enfant nouveau-né était la réponse qu’attendait de Dieu l’humanité désemparée et inquiète. Pourquoi vivre? Pourquoi suivre des lois si nous devons crever, mourir et jeter en terre? Pourquoi s’imposer des obligations, des devoirs et des renoncements alors que l’on va finir comme des bêtes, et que tout s’arrête à la mort? Pourquoi aimer?

Pourtant il y avait un petit peuple, qui avait la nuque dure, assez souvent, à qui avait été annoncée, que Dieu ne les abandonne pas. À Abraham, le père d’une multitude avait été dit par Dieu: « Que par ta postérité te béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. » C’est que Dieu aime, bien qu’égarés ou rebelles, des hommes l’auront déçu ou refusé de connaître ses chemins, l’ont ignoré. Il est le Seigneur et Il patiente, il veut tenir sa promesse. Il lui est impossible d’abandonner. Il n’aime pas voir ce qu’il a créé de plus grand se perdre.

 

Depuis plus de quatre mille ans, les prophètes l’avaient annoncé, Dieu viendrait parmi les siens. On l’appellerait l’Emmanuel : Dieu avec nous.

Mais les hommes regardaient devant eux et autour d’eux ils ne regardaient pas en haut vers Dieu; ils se distrayaient, se querellaient, adoraient des veaux d’or, car ils n’écoutaient pas. Or Dieu regardait toujours en bas vers l’homme et l’homme regardait ailleurs surtout son MOI. Il végétait dans des élixirs, de faux plaisirs, des lâchetés, il adorait jouir. Devenus esclaves de l’éphémère, ils possédaient des biens, amassaient des richesses et passaient à côté du miséreux sans le regarder. Bien, se faire voir, montrer que l’on a réussi cela seul comptait.

Dieu les frappa, ils connurent l’esclavage et l’exil. Et Dieu vit qu’ils souffraient, ils se sentaient abandonnés de lui. Le psalmiste s’écrie : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. » Ils commençaient à voir, et ils se souvenaient de l’obéissance d’Abraham, des paroles de Moïse, d’Isaïe et de tant d’autres prophètes qui leur avaient montré le chemin et parlé des promesses du Seigneur.   Là, ils étaient secoués.

 

Et maintenant, ils priaient :« Rends-moi la joie d’être sauvé. »

 

Et soudain du ciel, un chœur d’archanges et d’anges célestes chantait des envolées de Gloria. Et leurs paroles disaient : Paix aux hommes de bonne volonté. Un enfant vous est né. Il est là couché dans une mangeoire. Allez, Bergers, descendez de la plaine et des collines et venez le voir.

Ils se regardèrent étonnés que ce soit à eux que les anges eussent parlé. Nous qui sentons mauvais, sommes encrassés, vêtus de peaux sales. À cette époque, les bergers étaient méprisés de la société.

 

En Provence parlant des personnages de la crèche on dit que ce sont des SANTONS. Je me demande si de loin la rumeur n’est pas venue de ces bergers qui auraient chuchoté : Nous les bergers SENTONS pas bon. Je sais rien n’est moins sur, c’est une rumeur.

 

Aujourd’hui il y a, des laissés pour compte, des mal-aimés, des enfants abandonnés, des familles brisées, des jeunes qui quittent le foyer, de tous les âges, des détruits, devenus dépendants de drogues, de l’alcool, du sexe, bref de tout ce qui se consomme. Ils éteignent en eux l’espérance. Ils s’acharnent dans les ténèbres de la désespérance. Ils se condamnent car ils sentent mauvais, comme les bergers d’autrefois,  et ils se croient indignes. Ils n’aiment pas voir cette laideur, cette abstraction qu’ils projettent. Ils se défigurent, se masquent,  car ils ne croient pas qu’ils puissent être aimés où que Dieu puisse les aimer.. On ne leur en a pas parlé. On a institutionnalisé la rupture.

 

Et bien moi je viens vous dire que vous pouvez sortir de cette noirceur et aller à la lumière, celle qui luit dans les ténèbres.

 

2009. Oui, tous les éclopés, les blessés de la vie entendent encore chanter Noël. Ils ne savent pas ce que cet enfant vient faire dans leur vie. Et pourtant ce Jésus est venu sur terre pour tous et chercher la brebis égarée, et de ces chiens perdus sans collier. Oui, le Verbe s’est fait chair,« la Vérité  a germé de la Terre.» Oui, Ce Dieu d’amour vient encore dire à chacun que ce n’est qu’un début. Il veut établir sa demeure en nous. Il est venu nous restaurer, nous dire qu’Il nous a choisi comme notre frère. Élevez votre regard vers cet enfant qui s’est penché pour chacun de nous.

 

Là, vous ne faites que commencer à le regarder. Maintenant, il veut nous parler. Il veut nous montrer son amour nous le donner, car il t’a choisi, toi le blessé. Le berger de ce temps présent qui pue. Toute l’année qui vient, nous pourrons le voir grandir en nous et nous croîtrons dans son amour. Laissons-le agir en chacun de nous. Trouvez une personne signifiante qui pourra vous accompagner, vous écouter et vous réconcilier avec celui qui est Amour. Il est l’unique promesse qui ne déçoit jamais. Non, m’en croyez, il n’abandonne jamais. Essayez de trouver le silence de votre cœur et il vous parlera. Oh! les bruits vous distrairont parfois, cela il le sait. Marchez quand même. Entrez dans une chapelle ou une église. Oui, c’est la Maison de Dieu. Et vous y êtes chez vous. Il y est présent au tabernacle.

 

Noël, je pense à beaucoup de monde, à cette fratrie de France de huit enfants, à d’autres qui me sont chers, également à ce réfugié politique qui a deux petites filles demeurées au pays avec la mère, car sa vie y est menacée, et je vous le dis net, à ma famille qu’est l’Église où je suis chez moi. Je ne l’ai pas toujours été, j’étais rebelle. À la différence de vous, à mon époque, si nos parents travaillaient à la dure et de nombreuses heures, il y avait les religieux qui se dépensaient pour que nous ne soyons pas abandonnés à ne rien faire, laissés oisifs. Si c’est cela la contrainte alors je suis heureux de l’avoir vécue. Que d’activités ils organisaient.

 

Le paternel à la maison n'était pas cette mauviette qu’on nous caricature dans des publicités réductionnistes dans des séries télévisées où le père est imbécilisé. La mère était la mère, pas celle qu’on décrit de nos jours, pas la plus forte que le père la super woman elle était femme, Ma mère était une femme responsable et épanouie, féminine et coquette. Elle travaillait, tenait l’aiguille et je la vois, chaque jour, sortir son chapelet. Elle avait semé en moi des valeurs de droiture, de persévérance, de me prendre en main surtout dans l’adversité. Et elle en a connu des périodes difficiles. Je ne l’ai jamais vu céder ni être abattue. Elle était droite et elle a tenu le cap. Pas pour sa carrière, pour sa dignité et son sens aigu des responsabilités et de son devoir. Elle n’était pas femme à dépression. Que non! Elle n’avait pas le temps de s’apitoyer. J’aurai appris d’elle ce que signifiait l’amour et servir ses semblables.

 

Je la vois sur son lit, où elle allait mourir, recevoir le sacrement de l’extrême-onction, appelé aujourd’hui des malades. J’avais le cœur gros et le prêtre lui parlait. À un moment il dit ''offrez votre vie pour ceux que vous aimez'' (je cite de mémoire) Dieu qu’elle souffrait! le cancer des os. À ce moment elle tourne sa tête vers moi et, éclate ce radieux sourire, ses yeux brillaient d’une lueur habitée. Je savais qu’en elle Dieu était présence. De cela j’étais sur. Était cela l’amour? Oui, l’amour elle l’avait appris de son Seigneur et de Marie et là elle s’offrait pour ce fils égaré. Quel témoignage! Dès lors, je savais que par delà le mystère de la mort son amour ne s’éloignait pas qu’elle ne faisait que traverser vers Celui qui était son tout. Sur ce beau visage pourtant amaigri, elle donnait sa vie pour ce fils et pas l’ombre d’une peur.

 

Et, ce Jésus de Nazareth, va encore naître cette année, à Noël, il vient nous dire : si tu le veux. Suis-moi. Moi je te donnerai à boire de l’eau vive et tu verras en l’année qui vient combien je t’aime et si tu me laisses agir je te transformerai et tu connaîtras la joie. Ne te condamne surtout pas, je te comblerai de grâces, car moi le premier je t’ai aimé. N’aie pas peur. Amène-toi dans la grande barque, on prend le large et à bon port tu verras. Oui, il va y avoir du roulis et du tangage mais tu découvriras que la vie vaut la peine d’être vécue. Je serai toujours en toi présent. Et oui, tu sauras aimer la vie. Tu t’aimeras et tu respecteras toute vie à quelques stades qu’elle soit. Tu as été créé pour aimer pour protéger toute vie et de la vie nulle n’est le propriétaire. Toute vie est unique.

 

Joyeux et Saint Noël à tous et avec Jésus en cette nouvelle année liturgique prenons le large en Église.  Où règne l’Amour là, règne Dieu.

 

Charles Ed. Durand ce 24 décembre 2009  

 

14:02 Publié dans Religion | Tags : noël, amour, Éclopé, Église, vie | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Cher CB, la fratrie de huit, mon mari et moi-même vous souhaitons un très joyeux et saint Noël, à la crèche avec l'Enfant-Dieu.



"L’Enfant au sourire si doux, embrasera toute votre âme en un rien de temps,

Vous serez piégés, sans vous rendre compte, vous serez morts, vous serez vivants

Cette Beauté là, c’est le Bien et le Vrai jaillis dans le même temps et réunifiés

Dans le Corps du Dieu Vivant, venu par amour, une nuit, un jour, nous sauver."

Écrit par : La Crevette | 27/12/2009

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