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06/12/2010

Commentaire sur les Ex homme politiques. Que leur reprocher?

Voici la réponse que j'ai rédigée suite à un courriel où me fut envoyé le texte de Stéphane Laporte que vous trouverez plus bas.

Charles Ed.Durand

Merci de m'avoir envoyé cette stupéfiante, mais honnête analyse... à tous égards, de Stéphane Laporte.

 

Je l'ai lue surtout au second degré. Je crois que telle était son intention. Présomption? Peut-être, mais lisons attentivement : Tous des Ex., Refus de s'engager, réussite exclusive de son moi, l'autre n'entre plus dans la vie exceptée pour jaser et commenter.

 

Rien sur les vrais problèmes: on a choisi l'humour... Ici, ce n'est pas Laporte qui l'écrit, mais j'affirme que l'on va mourir de rire. Je ne dénonce pas, ici, les humoristes qui font un excellent travail, enfin plusieurs.

 

La relève? C'est qu'elle dérange les soixante-huitards et les cohortes suivantes, qui ont à coeur de perpétuer la déchéance et la désagrégation de notre peuple. Les statistiques des démographes ne mentent pas, ils nous disent unanimement que la relève n'arrivera pas à remplacer les précédentes. Oui, elle est minoritaire et hérite de nos décisions et de nos choix de société. Hélas, engendrés de ressentiments stériles et d'un goût effréné de JOUIR.

 

C'est vrai, on n'a pas de relève.

 

Il a selon moi, amorcé le début d'une réflexion. Sans doute ne cherchait-il pas à aller plus loin. Je la poursuis et je ne crains pas être cloué au pilori par ces milieux dominants qui tiennent le crachoir. Par contre, il est à souhaiter que d'autres s'engagent au-delà de l'analyse initiée, déjà nous voyons poindre cet horizon imminent qui annonce un sombre avenir.

 

Nous, les fleurons ardents des années 60, aurons voulu construire, mais des meutes nouvelles, des excroissances empoisonnées se grefferont à la nation et contribueront à détruire et fracturer le bien commun, à mettre en lambeaux le tissu social qui nous reliait tous. Rasées, taries, et transgressées seront ces valeurs et le même discours se continue, et se perpétue chez certains Ex et certains ''groupes populistes de gauche'' financée grassement par l'État providence.

 

Bref, détruire cette source vive, fraîche, et limpide que burent ceux et celles qui défrichèrent cette nouvelle terre et bâtirent un pays nouveau. Oui ces valeurs, ce sont nos racines ancestrales !

 

De prétendus universitaires émancipés, qui sont des libertaires en fait, payés par l'État, qui satisfont des intérêts corporatistes, communautaristes et développent un militantisme laïciste de gauche et souhaitent la résurgence du communisme. Ils se sont donnés pour mission d'abolir toute référence identitaire à notre Histoire. Ils ont créé des ignares, des cancres, des décrocheurs. Trop de nos jeunes sont devenus des chiens perdus sans collier et désormais sans aucun repère. On promeut les valeurs mortifères : l'unisexe, l'indifférentisme du ''gender'' et le nihilisme; tout conduit à la destruction de la famille, la cellule fondatrice de la société, et la détruisant par le fait même. Là où l'on élimine Dieu de la cité, on se prépare déjà à tuer l'Homme... On voit émerger la naissance d'une génération d'enfants-roi et depuis 1968 on assiste à des avortements. Une hécatombe. On tue notre avenir.

 

Vite, la faucheuse s'est mis à l'oeuvre, insidieusement, via, entre autres, le cours d'Éducation et de culture religieuse du MEL. La culture ambiante dominée par des valeurs qui disloquent chez nombre d'étudiants l'esprit de réussir malgré l'adversité et les exigences du monde de l'éducation. La conscience, voire la morale naturelle, chez notre jeunesse est affectée par l'air du temps. Elle est à un âge vulnérable. Et nos pros de la parole pédagogiques propagent cette unique mission qui a pour objectif unique la perte de nos racines civilisatrices et fondatrices de notre peuple que l'on remplace par la recherche de la satisfaction des seuls intérêts égoïstes. Non à l'effort, refus de l'autorité et une éducation précoce à la sexualité et à l'indifférentisme, mais oui à un individualisme centrées sur un moi surdimensionné qui n'a d'intérêt que la surconsommation de l'éphémère.

 

L'on peut dire que dès les années soixante nous avons affirmé être enfin sortis de la ''grande noirceur''.

 

Mythe né de la réécriture de l'histoire de toute une époque par l'omission de ses grandeurs, un grossissement malhonnête de ses faiblesses, et parfois même par une calomnie pure et simple ("Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose").

 

La malhonnêteté intellectuelle de ce mythe est particulièrement flagrante pour ce qui est de la représentation de l'Église, particulièrement son clergé et ses congrégations religieuses. N'oublions pas que c'est par eux, issus de nos familles, que notre peuple a été sauvé, spirituellement, mais aussi notre culture propre. Ils étaient présents partout où ils décelaient un besoin chez le peuple que ce soit, pour l'éducation, les soins à domiciles, les hôpitaux, les orphelinats, les asiles, les foyers d'accueil, même les besoins financiers. l'Église appuya fortement Alphonse Desjardins et sa Caisse populaire. Ils encourageaient, soutenaient un immense effort de solidarité, de fraternité, de générosité, chez un peuple quand même relativement pauvre, vers son prochain, ici... et ailleurs. N'oublions pas l'effort incroyable de nos missionnaires qui s'investirent et consacrèrent leur vie en témoignant des valeurs évangéliques, apportant leur soutien vers les plus démunis de la terre.

 

Est-ce que c'est tout cela que nous appelons la Grande noirceur?

 

Nous avons en fait défiguré cette période qui, au fond, avait beaucoup de lumière quand on y regarde de plus près. La Grande noirceur, ne serait-ce pas aujourd'hui? Une grande noirceur qui domine et assèche la sève qui a transmis la vie et des valeurs nobles à notre peuple. Le Québec mortifère deviendra-t-il le linceul de notre peuple?  Son désert déjà l'envahit.

 

Nous en sommes rendus là ? OUI!

 

Je saisis mieux le sens de cette devise lapidaire du Québec : JE ME SOUVIENS... On aura beaucoup jasé discuté sur ce manque de complément direct, mais nous le façonnons et le réalisons maintenant. Ne tenons-nous pas les poignées du cercueil?


Je sais ce basculement, des valeurs destructrices se répandent sur tout l'Occident, mais ici c'est chez nous. Nous sommes les seuls responsables et acteurs de l'avenir que nous contribuerons à détruire ou à construire.


Il faudra que l'on aille au-delà de ce canevas que très lucidement a déposé sur la table du Québec Stéphane Laporte. Pour son apport, je ne peux que l'en féliciter.

 

Charles Ed. Durand 

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Les ex, par Stéphane Laporte

 

Stéphane Laporte

Lucien Bouchard a le droit de dire ce qu’il pense. Il a le droit de dénoncer le projet souverainiste. Il a le droit de prôner un dégel des droits de scolarité. Il aurait même le droit de proposer au Canadien d’échanger Price et de garder Halak. Jacques Parizeau aussi a le droit de dire exactement le contraire de Lucien Bouchard. Et Bernard Landry a le droit de dire le contraire de Bouchard et la même chose que Parizeau, mais en latin.

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas que tous ces ex se prononcent. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y a que des ex qui se prononcent. Où sont les prochains? Les next? Les chefs de file de la nouvelle génération? Comment se fait-il que les nouvelles idées sont de vieilles idées venues de ceux qui sont déjà passés par là, qui auraient pu les réaliser lorsqu’ils étaient en place, mais qui ne l’ont pas fait? Comment se fait-il que le débat de société est animé par des gens dont les années de pouvoir sont derrière eux? Par des gens qui ont encore le souci de proposer des solutions, mais qui n’ont plus la fougue pour les appliquer, les concrétiser?

Comment se fait-il que, au Québec, on n’entende que des ex? C’est simple, il n’y a plus de fiancées. Les fiancées ont sacré leur camp. Les fiancées ont cassé. Personne ne veut s’engager. Personne ne veut se marier à la politique. La politique est en train de sécher, au Québec. La politique est un divorcé qui ne pogne plus. Il n’y a que ses ex qui s’intéressent encore à lui. Et ce n’est surtout pas pour reprendre avec lui. C’est juste pour le critiquer, pour chialer davantage. Pour lui redire à quel point il ne fait rien de bon. Pour lui redire qu’il devrait tout faire autrement. Pour lui redire combien elles ont bien fait de le quitter.

Au Québec, tout le monde préfère commenter plutôt que d’accomplir. On est un peuple de gérants d’estrade. Où sont les jeunes loups? Disparus. Durant des années, Mario Dumont était l’incarnation de la nouvelle génération. Un précoce qui un jour deviendrait PM. C’était écrit dans le ciel. Que fait Dumont aujourd’hui? Il commente. Il fait des 360. Il y a quelques années, l’avenir du PQ, c’était André Boisclair. Le nationaliste nouveau. Que fait Boisclair aujourd’hui? Il commente.

Qui a succédé à Mario Dumont? Personne. Qui a succédé à André Boisclair? Pauline Marois. Les seuls prétendants au Québec sont les anciens. Les engagés des années 70 sont encore les engagés des années 2010. Chapeau pour leur vigueur! Chapeau pour leur sens de l’engagement! Mais après eux, ce ne sera pas le déluge, ce sera le désert. Il n’y a pas de relève en politique. Nommez-moi un jeune politicien qui promet. Pas qui fait des promesses, qui promet, qui commence déjà à faire sa marque. En 2004, toute l’Amérique avait déjà repéré Barack Obama.

Le leader de 2014, le leader de 2020, ce sera qui, chez nous? Encore Charest, ça se peut bien... Ou Pauline.

Aux dernières élections municipales, qui représentait le changement, le nouveau Montréal face aux vieux maires, face à Gérald Tremblay? Louise Harel. Une autre battante des années 70. C’est pas normal.

Je n’ai rien contre les politiciens expérimentés. Au contraire, une chance qu’ils sont là : sans leur sens de la nation, le Québec serait un État sous-développé. Mais l’arène politique ressemble à une salle de spectacle de Michel Louvain.

Où sont les jeunes? Et quand je dis jeune, je parle des gens dans la trentaine et même dans la quarantaine. Ils s’occupent de leurs affaires. On a de plus en plus d’exemples de réussite personnelle au Québec, et de moins en moins d’exemples de réussite collective.

Qui succédera à Charest chez les libéraux? Impossible de voir un dauphin. Il n’y a que des brochets. Qui succédera à Marois chez les péquistes? Parizeau?

Si j’étais Lucien Bouchard, c’est ça que je dénoncerais. L’indifférence politique du Québec. Le problème, ce n’est pas de rêver à un pays, c’est de ne plus rêver à rien. Ni au Québec. Ni au Canada. C’est de ne rêver qu’à soi. C’est un constat lucide de notre société. Nous sommes un peuple d’ex. Ce n’est pas avec des ex qu’on prépare son avenir. Avec des ex, on ne fait que réveiller de vieilles chicanes.

Sans relève politique, le Québec deviendra tôt ou tard un ex à son tour.

· Où habites-tu ?

· J’habite dans l’ex-Québec !