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28/01/2012

Une chute du goût de vivre ?! oui et non. La Lumière perce les ténèbres.

Lampe à huile.JPGJe vais bientôt traverser l'encablure des 72 bornes. D'une certaine façon, je suis heureux que malgré la maladie je sois toujours en vie, mais il m'arrive de traverser, rarement, une période de rêverie débilitante. Voici ce que j'écrivais tôt ce matin à un correspondant. 

Je traverse un passage à vide difficile. Je vois l'ombre devant moi elle étend un pesant manteau de glace noir sur l'asphalte du chemin. En ma tête se fracassent de sombres nuages qui altèrent le goût de vivre.

Est-ce dû au fait que je sois coincé dans mon appartement sans pouvoir sortir ?

J'y suis reclus depuis des mois des années. Je n'ai pas pour habitude de communiquer mes états d'âme. Aussi tout ce qui est écrit est parfois romancé. Je m'invente des lieux et créé un personnage et peaufine une histoire.

Je voudrais pouvoir chanter, hurler, danser...mais il y a ce trouble qui me pèse. Et pourtant je me vois enfourcher un cheval ailé. Oh que j'aimerais m'envoler vers un ailleurs fantasmagorique où j'entrerais dans une farandole avec tous les autres et visiterais des lieux féeriques des villages gaulois. Courir et courir à perdre haleine, tignasse au vent, enfin réaliser des rêves d'enfants simples, ordinaires et repasser au fer rouge cette peau qui surplisse, sur laquelle apparaissent la trace des ans et des coups de sangle. Des lambeaux de peau déshydratée tombent sanguinolents. Je pleure des absences, des douleurs conscientes des passages éphémères. Je suis celui qui vit le temps présent. Je m'interroge : «En ce monde  ai-je toujours ma place ?» L'enclos, je le vois, se ferme inexorablement, car je ne suis ni explosif, ni sauteur, ni trotteur. Oui, tel un vieux canasson je suis en fin de course. Celui qu'autrefois le palefrenier caressait les flancs et lui brossait son pelage. Désormais il est parti, il ne vient plus... Tel le cheval ardent demeure cette souvenance j'étais altier, fier, reconnu et je ne passais pas inaperçu. Pourtant toujours je m'effaçais.

L'hiver, l'âge et la solitude me rappellent que ne reste plus que l'ombre... On dit, on dit et on dit ce que je suis devenu...Je sais, oh que si, je sais. Et pourtant j'aime la vie et j'aime avec ardeur. Oh oui, j'ai souvenance de tout ce qu'elle m'a apporté et cette conversion foudroyante, ce don de Dieu, survenu il y a près de 32 ans. Quel puissant amour et gratuit. L'Emmanuel. Oui, j'ai beaucoup pleuré, mais de joie. VIVAT JESUS. Praise the Lord. Gloire à Dieu.

Mais aujourd'hui, j'ai l'âme en errance. J'aimerais hiberner, mais la constitution de l'homme n'est pas celle de l'ours.

Je m'égare et me trouve dans un no man's land... Quelqu'un me verra-t-il ? Oui, bien sûr, «mais à quoi bon le prendre en embuscade et lui tirer une balle pour le tuer ? Il est inoffensif», qu'ils se disent ceux qui m'ont vu :« de toute façon il crèvera affamé ou envoyé dans un mouroir CHLSD d'où l'on part par compassion». Le meurtre a ici ce sens réducteur comme ceux de la novlangue du politiquement correcte: Ne dit-on pas : le mal-entendant, le mal-voyant, celui ou celle à mobilité réduite...? Mais que de problématiques en revanche sont apparues ! 

Le silence des uns m'est déchirure un rejet. 

Je ne suis pas surpris qu'une mouvance d'élimination s'active et parle de se débarrasser des vieux, des malades, des incurables, des enfants trisomiques, invoquant le mot passe-partout : la mort par compassion. Ils n'ont pas envie que soient aimés ni chéris ces enfants en croissance dans le ventre de leur mère (je pense ici à Planned Parenthood qui a pour mission de tuer sans se soucier de la femme enceinte et des problèmes psychologiques post avortement qu'elle vivra), de ces errants, ces handicapés, ces vieillards, tous ces êtres perdent leur dignité dès qu'ils se plaquent devant leurs yeux. Rayez-les de la carte, ils ne sont d'aucune utilité et embrouillent le panorama de ceux et celles qui veulent s'éclater et non de servir et encore moins d'aimer...Me my self and I. L'individualisme détruit le vivre ensemble, la communion des êtres, la charité, l'amour, il cultive la méfiance, et l'indifférence et l'autre est toujours un étranger.

Quand on ne sait pas s'aimer en vérité on ne peut pas aimer l'autre.

Je suis par certains rejeté me voilà donc fiché, fixé, défini et casé à jamais : infréquentable. Je suis de ce lot des nuisances. En effet, je ne suis pas embrigadé dans ces troupeaux ni de ces communautarismes qui réclamaient le droit à la différence ou l'égalité ou à la propriété de son corps et qui aujourd'hui sont prêts à tuer et à censurer par des lois totalitaires et iniques ceux et celles qui ne se soumettent pas... et aussi ceux qui osent discuter ou veulent débattre... Fin de la LIBERTÉ. Et ici je ne parle pas des islamistes. Aussi me fais-je discret, sans pour autant me taire, car j'aime mes frères et sœurs en humanité, car tous nous sommes liés au Christ.

Non, je ne suis pas mort. Je dois cesser de rêver et vivre en ce monde. Que Dieu soit ma sève cette eau vivifiante qui désaltère et oui Il est la Lumière qui éclaire dans les ténèbres.

Mais là j'ai envie de Lui donner congé.

Bizarre! Quelle auto punition ?

Oui, je suis parfois envahi de larmes abondantes, car des manques en mon jeune âge m'ont trouées, l'absence... et s'ajoute l'exile qui me pèsent. Désolé. Oui, c'est un coup de gueule. Imprudent ? Certes, mais je le fais.  Avec l'âge et la maladie dégénérative, j'espère contre toute espérance que comme à vingt ans ou quarante ans le téléphone sonnera et nous conviera à danser, à partager la table, à parler et à écouter.
Mais non. il ni a pas de sonnerie, le silence abyssal. À la vérité je ne fais pas sonner non plus le téléphone...je le sais je dérange. J'ai souvent essayé, mais : I just leave a message.

God Bless.

Charles Éd. Durand

photo: lampe à l'huile du IV ème siècle

tags: Exile intérieur, Passage à vide, sortir, ennuie, solitude, enfance, souffrance, absence, Lumière du monde, Jésus, Euthanasie, novlangue, larmes, maladie, dégénérescence, canasson, palefrenier, cheval, fougueux, vieillir, hiberner, ours. 

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