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11/03/2012

La journée de Gabrielle racontée par sa mère : La Crevette

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Généralement, j'entends Gabrielle gazouiller dans son lit en montant vers les étages le matin, à sept heures. Jamais on ne l'entend pleurer, c'est toujours un petit pépiement, une parlotte de bébé et elle fait bouger un petit mobile qu'elle a dans son lit et on entend le bruit mélodique de sa voix et du jouet. Alors, en préparant le biberon, je désigne qui le lui donnera, Pierre ou Rémi, qui se disputent tous les matins pour s'occuper de leur petite soeur. Puis, je vais la lever : elle est toujours en travers du lit et s'agite frénétiquement au son de la porte qui s'ouvre, elle sourit largement, bat des cils à cause de la lumière. Je la change, puis c'est biberonnade pendant que je petit-déjeune.

Nous partons ensuite en voiture et elle gazouille pendant la prière ou crie pendant une musique de variété quelconque. Elle aime la musique et la bétaillère.
Après avoir déposé les enfants à l'école, je vais faire mes courses et mademoiselle raffole de cette activité. A peine juchée sur le caddie, elle prend un petit air affairé avec la bouche en cul de poule de la parfaite ménagère et ça me fait toujours rire. On a l'impression qu'elle réfléchit tout haut : "voyons, qu'est-ce que je dois prendre aujourd'hui... courgettes ou carottes? poulet ou steaks? Ouch, les prix ont encore augmenté, c'est-y pas Dieu possible..." En fait, je soupçonne un mimétisme avec sa mère et je pense qu'elle prend la même tronche que je dois faire à ce moment là, l'air un peu pincé et empressé, l'air compassé et concentré de n'importe quelle femme qui fait son marché comme si c'était la chose la plus importante du monde -et c'est effectivement la chose la plus importante du monde et même l'apocalypse peut aller se rhabiller à cette heure-ci parce que je fais des choix cruciaux pour le dîner du soir et qu'on ne rigole pas avec ça. Tout de même.

Nous rentrons, je la pouponne, elle prend son bain, je la crème de la tête aux pieds, elle raffole de ces petits massages, je passe bien sur toutes ses articulations et dans ses plis grassouillets! puis elle pleurniche lorsque je l'habille, elle en a assez, elle est fatiguée et veut dormir. Je la couche alors avec sa petite couverture qui lui sert de doudou : elle la tire jusqu'à son nez, et suce son pouce en la tripotant avec ses petits doigts. Je ferme la porte et elle s'endort épuisée.

A l'heure du déjeuner, elle est toute frétillante de faim et je la biberonne avec un peu de carottes dans son lait. Ensuite, depuis quelques jours, je lui donne quelques cuillerées de petit pot de fruits. C'est très amusant les débuts à la cuillère : elle n'ouvre pas la bouche, elle veut téter encore. Alors, je lui fourgue délicatement un bout de cuillère à café entre les lèvres et elle comprend, entrouvre un peu sa minuscule bouche, attrape un peu de la compote, suçote, avale en frissonnant -c'est trop acide- et sourit. Et nous recommençons quatre-cinq fois mais guère plus parce que l'acidité de cette nouveauté la gène assez rapidement.
Ces minuscules becquées de oisillon me ravissent, on sent qu'elle se concentre sur le geste, sur le goût, sur tout, et ces découvertes l'accaparent complètement! C'est un grand moment dans la vie de bébé et je roucoule à côté, je l'encourage, je ris en voyant ses mimiques, ses airs surpris, ses airs ravis et sa façon qu'elle a de tourner la tête, très doucement mais obstinément pour signifier : "ça suffit, j'ai mon compte".
Tout passe par le goût à ces premiers âges, en Bretagne, elle ne voyait pas la mer mais elle était capable de rester fascinée dix bonnes minutes par un coquillage ou une miette de caillou... Tout ce qui est à leur portée passe dans les petites quenottes et dans la bouche.

L'après midi, la sieste a moins de succès, et le biberon de quatre heures arrive souvent vers trois heures. Puis, il y a le rituel du biscuit, là aussi depuis peu. Gabrielle prend délicatement un petit beurre que je lui tends dans sa chaise haute, et elle se met à le suçoter immédiatement, elle bavote beaucoup, elle s'affaire énormément, c'est un gros travail pour elle, un énorme biscuit, un grand défi! Elle émiette soigneusement le gâteau, fabrique, avec les morceaux qui ne tombent pas, une sorte de pâte baveuse, avale à peu près le tout, recrache une partie, récupère sur ses doigts ce qu'elle peut et ré-enfourne le tout avec deux voire trois doigts, jusqu'à la garde. Je surveille les opérations successives et me retiens de l'essuyer et de la laver trop vite car alors elle perdrait une grande partie du biscuit et de son plaisir. Cela me demande une grande patience parce que je suis assez maniaque de nature et voir ma petite princesse avec du biscuit en emplâtre jusque dans les cheveux, cela me désole un peu.

Nous nous promenons ensuite en poussette ou en voiture, nous allons chercher les autres enfants à l'école et elle n'a plus peur de la cour d'école maintenant, du bruit et de l'agitation, elle retrouve vite les jumeaux qui l'embrassent sans complexe devant leurs petits camarades envieux et nous repartons à la maison.

 

Généralement, au retour, je la délaisse un peu, les grands la prennent avec eux ou bien je la recouche un moment pour tenter de faire les devoirs avec les garçons. Mais bien vite nous entendons son mobile sonner et les premiers qui ont fini de bosser s'en vont la chercher pour jouer avec elle ou la trimbaler partout dans la maison jusqu'à l'heure du soir où elle reprend un dernier biberon. Parfois, son père arrive à ce moment-là et elle passe un moment avec lui, très concentrée, attentive, à tirer sur ses lunettes, sa cravate... Elle remodèle son visage longuement en lui babillant de nombreuses confidences vitales.

A la prière du soir, je la mets sur mes genoux et elle est insupportable et déchaînée pour la plus grande joie des aînés. Elle fait son cirque pendant la récitation des "Je vous salue Marie" et mes "chut" autoritaires ne servent à rien du tout.
Je la couche ensuite, avec le petit rituel de la couverture-doudou sur le nez et elle s'endort dans la minute, toujours en souriant...

Je vous fait un portrait plutôt tranquille et aimable de ma petite fille, mais il est vrai que ses journées sont calmes et que j'essaie de ne pas perturber cette routine. C'est sans compter les week end où elle est bousculée et sans compter ses maladies de bébé. J'ai toujours fait en sorte de privilégier la routine car j'ai remarqué combien celle-ci rassure et structure les petits enfants. C'est un des secrets du bonheur, cette routine, un trésor familial à pratiquer. 

pseudo : LA CREVETTE.

Mère de 9 enfants que j'ai rencontrée via une communauté de lecteurs. Depuis lors nous avons établi une relation épistolaire mais ce qui surtout nous relie c'est la prière. Que de confidences ai-je pu lui confier et quel grand bien en ai-je reçu. J'admire en elle son courage, sa ténacité, sa constance et sa charité envers quiconque la consulte. Une mère infatigable qui aime tous ses enfants et son mari assurément. Voilà une famille qui est une Église et qui transmet la Parole de l'évangile et convie les uns  et les autres de la fratrie à prier. Je la remercie de m'avoir autorisé à publier son récit sur la journée de Gabrielle. Vous trouverez son blogue sur mes liens : La joie du jour.

Charles Ed. Durand

photo : de la crevette, son coin de pays.

tags: journée, fratrie, famille, la crevette, mère, épouse, Église, Christ, fidèle, amitié. 

Commentaires

Oui la prière nous relie cher Charles et vraiment je sais que je peux compter sur la vôtre (j'en ai retiré tant de bienfaits!)... comme vous pouvez compter sur la mienne!Merci pour ce blog et vos réflexions spirituelles.

Écrit par : la crevette | 13/03/2012

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