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20/11/2013

L'illusion de la démocratie, causes, conséquences et remèdes. (IV-V;1-2-3)

Conférence de Damien Theillier

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IV. Socialisme et démocratie : le clivage droite-gauche donne toujours l’avantage à la gauche.

La gauche socialiste est en phase avec le projet démocratique. C’est le terreau le plus favorable à l’avancée de ses idées : égalitarisme, redistribution, augmentation indéfinie des « droits à ». Le socialisme a toujours légitimé l’usage de la force contre ses adversaires. La démocratie lui permet d’exercer la violence par les urnes et de justifier moralement ce hold-up par la volonté du peuple souverain.

C’est pourquoi la stratégie gagnante de la gauche est d’augmenter toujours le nombre des clients de l’État-providence : suffrage universel, puis extension du suffrage aux étudiants (majorité à 18 ans) et bientôt aux immigrés. Plus il y a d’électeurs, plus il y a de clients potentiels pour la redistribution et l’égalisation forcées.

 

Au contraire, dans un système démocratique la droite sera toujours perdante car elle n’est jamais qu’une force de réaction contre la gauche. Elle veut tenir un discours plus réaliste, à la fois sur le plan économique et moral. Mais face à la gauche, la droite est obligée de faire de la surenchère démagogique et clientéliste pour arriver au pouvoir. Un exemple récent le montre : depuis que Marine Le Pen a adopté les idées de Mélenchon, elle gagne des voix.

V. Y a-t-il une solution ? Quelle alternative à la démocratie aujourd’hui ?

Le pouvoir des idées : briser la matrice.

La démocratie est le résultat d’une acceptation massive, par l’opinion publique d’idées fausses. Fausse idée de la loi, fausse idée de la justice, fausse idée du pouvoir, fausse idée de la liberté. Aussi longtemps que cette adhésion est dominante, la catastrophe est inévitable. En revanche, si on reconnaît que l’idée démocratique est fausse et perverse, il reste un espoir.

La tâche essentielle qui attend ceux qui veulent restaurer la liberté est donc de briser la matrice, c’est-à-dire discréditer intellectuellement la démocratie. Il faut démontrer qu’elle n’est ni la liberté ni la justice mais qu’elle est au contraire la cause fondamentale de la situation actuelle d’oppression et de dé-civilisation.

Qu’est-ce qu’une société juste ? C’est une société dans laquelle le pouvoir, donc la loi, doit être strictement limité à deux objets : défendre les citoyens contre une agression extérieure et les défendre contre une agression mutuelle. Tout le reste relève de la sphère privée, donc de la responsabilité individuelle, des associations, des communautés volontaires et des contrats. La vraie liberté, la liberté responsable, c’est celle qui consiste à vivre avec ce qui nous appartient et de ne pas faire peser sur les autres le coût de nos décisions, de nos préférences. C’est la liberté subordonnée au droit.

 

Vivre ensemble implique des normes. Mais la seule norme politique qui soit juste universellement, c’est le respect de chaque être humain, de ses croyances, et des biens matériels auxquels il est attaché. Autrement dit, les biens ne sont pas communs. Le seul bien qui soit commun, c’est le droit. C’est le respect du droit de chacun à disposer de soi et de ses revenus légitimes. Or la démocratie redistributrice est incompatible avec ce bien commun, elle ne peut que le mutiler au profit d’intérêts particuliers corporatistes, bien que l’intérêt général soit toujours faussement invoqué.

Inventer des alternatives aux services publics : la résistance passive.

Pour restaurer la liberté il faut aussi dépolitiser au maximum la société et reprendre le pouvoir qui nous a été confisqué par les urnes. Il faut donc réduire le plus possible la sphère d’action de la loi et de l’État sur nous.

Mais pour cela bien sûr, il faut arrêter de voter pour des candidats-fonctionnaires qui ne peuvent que contribuer à augmenter les dépenses publiques et l’asservissement des citoyens, qu’ils soient de droite ou de gauche. Un fonctionnaire élu est à la fois juge et partie. Il doit décider du montant des dépenses publiques alors même qu’il en vit… absurde et injuste. Il faut également boycotter les entreprises, les journaux, les artistes et les associations qui vivent d’argent public.

 

Plus important encore, il faut se battre juridiquement et pratiquement pour sortir de la sécurité sociale, du système de retraites par répartition ou de l’éducation nationale. Et ne comptons pas sur les partis politiques pour y arriver. La protection sociale, c’est leur argument électoral favori. Il faut prendre des initiatives dans tous les domaines pour proposer des alternatives privées aux services publics : auto-médication, auto-éducation, auto-défense, auto-édition, auto-production alimentaire… Il faut aussi, autant que possible bien sûr, mettre son argent à l’abri de la prédation fiscale. Autrement dit il faut reconquérir notre indépendance et relever la tête.

Un idéal : La concurrence politique et le marché de la gouvernance.

La société juste ne se construit pas d’en haut. Elle doit émerger des libres initiatives de chacun. Cette autre voie, c’est celle de la décentralisation du pouvoir, de la concurrence et de la responsabilité individuelle.

La solution c’est de multiplier les unités administratives et de les mettre en concurrence. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût. Cette fragmentation politique permettrait à chacun de voter avec ses pieds au lieu de voter dans les urnes. Les bons systèmes de gouvernance, utiles et efficaces, chasseraient les mauvais.

Ces petites unités gouvernementales, chacune avec leurs propres caractéristiques, pourraient choisir de coopérer sur certaines questions si cela leur est utile, par exemple, sur l’énergie, l’immigration ou les transports. Elles pourraient également coopérer en matière de défense : échange d’informations policières, coalitions militaires, traités de non-agression etc.

Dans Dépasser la démocratie, les auteurs donnent l’exemple de la Suisse avec ses vingt-six cantons, ses 2.900 communes, ses impôts versés majoritairement au niveau cantonal et communal, et non pas fédéral, ses différentes réglementations qui se font concurrence, sa non-appartenance à l’Union européenne. La Suisse est en effet « un pays qui réussit très bien » :

« Au niveau mondial elle est dans le peloton de tête en termes d’espérance de vie, de niveau d’emploi, de bien-être et de prospérité. Elle est l’un des rares pays au monde qui n’a pas connu de guerre depuis plus d’un siècle. Malgré l’existence de quatre langues (allemand, français, italien et romanche), il y a beaucoup d’harmonie sociale. »

Les auteurs ne préconisent pas la Suisse comme un idéal ou comme la seule option. La démocratie directe n’est pas la panacée. Et il se pourrait même qu’elle contribue à renforcer l’État au lieu de l’affaiblir. Dès lors que les mœurs sont corrompues, la démocratie directe ne pourra que refléter cette corruption. Si le citoyen pense que tout lui est dû, qu’il est normal que les autres paient pour lui, la démocratie directe n’y changera rien.

Mais la Suisse est un exemple qui montre comment un pouvoir décentralisé pourrait fonctionner : « Plus un État démocratique est grand et plus sa population est hétérogène, plus des tensions naîtront. Les différents groupes d’un tel État n’hésiteront pas à utiliser le processus démocratique pour piller les autres autant que possible. À l’inverse, plus les unités administratives sont petites et plus la population est homogène, plus il est probable que les excès de la démocratie restent limités. Les gens qui se connaissent personnellement ou se sentent liés les uns aux autres sont moins enclins à se voler et à s’opprimer les uns les autres ».

 

Pour conclure, laissons les gens libres de déterminer sous quelle forme de gouvernement ils veulent vivre : la démocratie, le capitalisme, le socialisme ou la monarchie. Il n’y a pas pire régime que celui qu’on nous impose par la force et auquel on ne peut échapper. 

Damien Theillier, président de l’Institut Coppet.

Site de Damien Theillier : .http://nicomaque.blogspot.ca/

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Remarque finale ajoutée par Charles Éd. Durand : La démocratie postmoderne est ainsi livrée au pouvoir sans partage de la majorité électorale il n'existe plus aucun contre-pouvoir établi pour en limiter les excès...rien ne peut désormais détruire les interdits qui structuraient notre civilisation....La démocratie procédurale peut verser vers le totalitarisme... « C'est le résultat néfaste d'un relativisme qui règne sans rencontrer d'opposition : le ''droit'' cesse d'en être un parce qu'il n'est plus fermement fondé sur la dignité inviolable de la personne, mais qu'on le fait dépendre de la volonté du plus fort. Ainsi la démocratie en dépit de ses principes, s'achemine vers un totalitarisme caractérisé».

source : La Nef # 253 extrait d'un dossier de Christophe Geffroy la citation JPII in Evangelium Vitae (1995)

Tags: Damien Theillier, conférence, Institut Copet. président, Prince Charles Emmanuel de Bourbon Parme, Suisse, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélanchon, blogue Nicomaque, La Nef. Christophe Geffroy, JPII, Evangelium Vitae.

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