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13/12/2013

La vie n'est pas une maladie mortelle, mais la destination vers l'éternelle.

Vu l'heure matinale, je me suis levé tôt. Je recevais de Georges Allaire, comme à chaque année, ce mot vivant remplie d'espérance et de joie profonde et les photos de la fratrie. Je vous le partage en ce temps de l'Avent.

Georges Allaire son épouse.jpg

Georges et Danielle

 

Un copain des temps anciens, apprenant que nous avons quelques enfants, s’informe de leur profession. En bref, ça donne : Christine – mère famille et ingénieure domestique. — Michel : Engagé dans une vie de prière et de sommeils, accompagnés par des moments de réveil pour assurer le bien-être de son sommeil. — Johanne : gestionnaire d’un homme, de six enfants et active sur la ferme familiale. — Claude : Infirmier urgentologue d’un hôpital privé de San Francisco. — Philippe : Ingénieur électricien responsable d’une scierie de bois. — Marie : responsable du service de table et de soutien dans une maison de retraite de l’Opus Dei. — Isabelle (sa jumelle) : spécialiste en orthopédagogie au Collège Ste-Anne de La Pocatière. — François : ingénieur électricien à l’armée canadienne, rédigeant une thèse doctorale sur les drones. — Jean-Paul : comptable agréé, travaillant à la gestion financière de l’entreprise Unicoop, en Beauce. — Richard : notre 3e ingénieur électricien travaille à l’épuration des eaux dans la région de Montréal. — Mireille : technicienne travaille à la production de caméras au laser. — André : technicien comptable au service de l’Université de Montréal. — Brigitte : infirmière en accouchement et pouponnière à l’hôpital Lasalle (Montréal). Pierre : en formation au doctorat en biochimie. … Le copain conclut : oui, ça fait bien quatorze.

L'Heureuse Fratrie de la famille Allaire.

Georges Allaire et sa prrogéniture 1.jpg


Georges Allaire et sa progéniture 2.jpg


 

Parmi ces quatorze, cinq fils ont happé (ou été happés par) cinq brus et trois filles nous ont valu par trois gendres, ce qui fait de nous des beaux-parents, les meilleurs du monde grâce à leur miséricorde. Et ces huit couples ont livré les 37e et 38e petits-enfants durant cette année, assurant d’un 39e et plus durant l’année qui vient. Nous semblons être en passe de devenir véritablement des grands-parents jusqu’à ce que mort s’ensuive. Une docteure s’étonne que nous soyons parvenus à faire vivre notre bon monde. Elle n’a eu que deux enfants, et s’est réfugiée dans l’anéantissement bouddhiste pour se convaincre que le Paradis est sur terre. Je lui mentionne la fois qu’un prof d’économie au secondaire avait demandé à sa classe quels élèves vivaient dans une famille qui n’avait pas de dette hormis une hypothèque et une automobile. Philippe Allaire avait été le seul à lever la main. La docteure demande : « Comment est-ce possible ? Comment avez-vous fait ? » Je lui ai donné notre réponse classique parce que vraie : « Il y a une Providence pour les fous, et nous sommes une bande de fous. » Elle trouve ça fou. — Mais comme disait un personnage de caricature : On lui demande, « Y a-t-il quelqu’un qui souffre de démence dans votre famille? » et il répond : « Non. Nous en jouissons tous. »

Le 31 août, Jean-Marc LeDuc, jeune plombier, prenait Brigitte Allaire comme épouse. Le gonflement des articulations des mains de Danielle l’a contrainte à faire scier sa bague de fiançailles et son alliance pour être en mesure d’enlever ses bijoux lorsqu’elle va en résonnance magnétique. Brigitte et Jean-Marc ont accepté volontiers la bague de fiançailles. Danielle dit n’avoir jamais vu de bague plus belle que la sienne. Et Brigitte est heureuse de la posséder. — Jean-Marc nous a donné mille dollars, pour être l’acheteur de la bague de sa fiancée et nous lui avons rendu cette somme pour son mariage. Il compte maintenant balayer la compétition de chouchou de sa belle-maman. Il s’informe auprès de Brigitte : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire de chouchouter? » Elle lui explique que c’est la compétition principalement entre Richard et Pierre pour rendre le plus de services à leur maman. Jean-Marc se dit que gagner, pour lui, sera une affaire de rien.

 Pierre, qui est le petit de notre famille, a présentement 24 ans. C’est dire que, pendant 24 ans, il a été condamné à vivre son histoire dans le contexte d’histoires de la préhistoire que s’échangeaient ses frères et sœurs. Nous tous avions l’impression d’être des personnages historiques. Mais, selon sa propre expérience, Pierre devait uniquement croire aux événements qui ont précédé son entrée à domicile. — J’ai commencé à ressentir son expérience lorsque j’ai réuni dans un recueil de « Vagues et divagations » mon expérience d’Église  voguant dans la tempête de ma jeunesse à maintenant. J’ai compris avec acuité que ce que j’ai vu de mes yeux, vu, est comme tel inexistant chez ceux qui ne l’ont pas vu ni compris. Et j’ai senti que les milliers de mots que j’ai cumulés pour rendre compte de ces faits sont en passe de devenir un fin tissu de propos détachés de leur témoin. — Je laisse couler des mots en ce moment, qui peuvent encore nous permettre de communiquer, mais bientôt tout témoin de mots sera au mieux devant un manuscrit papier ou électronique, me tassant de mes propres propos pour les transmuter en ses compréhensions et incompréhensions.

 Une copine de classe du Collège de St-Boniface, travaillait aux documents historiques du Manitoba, et me tenait au courant des aléas de mes anciens camarades. Elle m’avisa, un jour, que notre président de classe habituel était décédé. Ah ! Puis l’un ou l’autre franchissait la porte irréversible. Elle mentionna cette année que j’avais dépassé l’âge de mon papa. Le 17 septembre, je lui mentionnais que nous avons participé au mariage de notre Brigitte, mais que nous n’avions pas grande force. Elle répondit : « Pas drôle, vieillir! Moi aussi, j'ai toutes sortes de problèmes qui limitent ma mobilité. Il n'y a que Roger qui est en pleine forme! » En blague je lui dis : « Les Grecs estimaient que la mobilité était un signe d'imperfection, car le corps n'avait pas encore atteint son état parfait. Bienvenue chez les parfaits. » Le 7 octobre, elle s’éteignait au milieu de la nuit. — Il y a une couple d’années, je correspondais occasionnellement avec un homme âgé de la région de Montréal. Puis, il ne répondait plus à mes courriels. Je finis par interroger une personne qui le connaissait Celle-ci me dit : « Il est mort, voici 3 mois. » — Deux de mes anciens collègues d’enseignement de la philosophie  au Cégep de La Pocatière sont aussi disparus de notre horizon. Autant d’adresses sans réponse.

 

alpha et omega.jpgDans notre famille, la révélation de la fin ultime nous assure que cette destination est la meilleure de toutes… si nous en assumons la responsabilité, grâce à Dieu. Pourtant bien des gens de notre milieu sont horrifiés à l’idée de mourir. Ils disent qu’il faut profiter de la vie pendant que nous l’avons et que nous devons repousser la mort aux confins inatteignables de notre être. L’étonnement le plus récent était hier quand la docteure disait que le Paradis est sur terreSi c’était le cas, vivre n’aurait pas de sens vu que la vie serait simplement une maladie mortelle universelle.

Un vieux collègue de Cégep parle avec nostalgie des Noëls en famille. Nous ne connaissons pas la nostalgie de Noël mais la vie de Noël en famille. Prochainement, des grappes de famille bien vivantes nous rendront visite. Avec l’âge, Nous serons épuisés de joie plutôt que de solitude.

Grâce à Dieu en ce temps de l'avent chantons : Adestes Fideles. Venez adorons-le!

tags: Fratrie de Danielle et Georges Allaire, Frate Allessandro, Vie vers l'Éternelle. Vidéo : Frate Allessandro Brustenghi ofm. 


            

Commentaires

Merci pour la vérité et l'humour de cet enseignement de vie.

Écrit par : Madeleine | 13/12/2013

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