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13/04/2014

En ce dimanche des rameaux je glisse un conte imaginaire reflet de ma vie.

Rameaux d'Elche.jpg

De mon ami Jose d’Espagne, il me raconte qu’en ce dimanche des Rameaux le pape et d'autres dignitaires de son pays porteront des rameaux fabriqués dans sa ville d’Elche. Je lui ai dit, taquin que je suis, je doute que le pape François accepte d'en porter un semblable, il est d’or et trop beau… La beauté véritable est un hommage à la création. VERITATIS SPLENDOR.

Et moi, je n'en ai pas reçu un ?

Quelle ingratitude : snif snif snif et re snif  

Je pleurniche…

Petit conte imaginaire que je porte en moi je vous le livre...

Je rame au vent, la pluie tombe et sur mon visage saillent des pommettes rougies comme celles d'un vieux loup de mer. Oui, je suis trempé jusqu'aux os..., mais qui s'en inquiéterait? Personne. Je suis seul, mais heureusement mon chien me tient compagnie il a le pelage lissé et trempé, mais ne geigne pas. Las lui aussi, les oreilles ballantes, il me regarde, il a confiance..., mais il veille à ce que je ne m'endorme pas. Qu'est-ce qu'il me donne courage ce clébard, car je dois le sauver; l'esquif vogue à l'est vers un ailleurs, sur cette mer, où je pagaie, légèrement agitée et quel port je gagnerai? Je ne sais... Non, je ne m'obstine pas plus que nécessaire avec le vent, car il me faut garder des forces aussi je suis la direction du vent. Je tiens fermement la barre tel un timonier, car je me dois d'éviter le sud. 

 

embarcation.gif

 

Où serais-je dans quelques heures ou quelques jours ou semaines? Je l'ignore tant je vogue au gré du vent, et ce depuis des semaines. J'ai aperçu des dauphins étonnés qui me regardèrent ils firent quelques danses et le chien sur ses quatre pattes auraient voulu jouer..., mais, mais je vis ce jour sous l'orage, et je m'active. Je suis éreinté et souffrant.

Il me reste dans la cabine une lampe à pétrole et un rond de poêle qu'alimente une bonbonne de gaz propane, et j'ai de la nourriture, mais je dois ménager l'eau douce. Quand arriverais-je près d'une côte? Je ne suis pas seul en dedans je suis animé par une grâce... 

Oh! il y en a marre. Vite que cesse cette pluie, je suis trempé, éreinté et courbé, car je dois avec une canne dévider la flotte qui couvre la cale. Pourquoi me lamenter? Ne suis-je suis pas un ermite loin de tout commerce avec les hommes et non pas dissimulé en quelque grotte dans le désert comme jadis les Pères? 

Oh que oui Dieu se magnifie sur l'immensité de l'océan il y a son trône ailé et je sais que des vagues rugissantes le bénissent et vont se briser sur sa coque. Quel chant doux que sont ces murmures... pourtant ils pourraient gronder. Ah Dieu tu m'épargnes de ces tsunamis et de ces vagues de 60 mètres qui s’abattraient sur ma frêle nacelle.

Oh Étoile de la nuit qui tombe sur moi tu susurres à mon oreille que je suis encore loin d'une quelconque côte ou d'un atoll, mais quand me diras-tu si j'en approche? 

Heureusement la mer depuis 40 jours est calme et aucune déferlante de vagues monstrueuses ai-je aperçue ou entendue au loin. Je suis un Noé qui attend... Verrais-je une mouette ayant en son bec un rameau d'olivier? Sûrement... mais quand? Et toi Benoît haut perché à Subiaco dans ce qui pour un temps fut ta solitude, tu attendais quoi au juste ? Et oui tu fuyais l’agitation malsaine et la destruction inexorable d’un monde en déliquescence qu’a si bien évoqué en 1969 le film de Federico Fellini : Satyricon en lequel il anticipe notre époque. Et toi très illustre patriarche du VI ème siècle je pense à toi et en ma tête je me dis il savait que la vraie patrie de l'homme est ailleurs et éternel. Tu y as couru diligemment et tu y es. Tu nous a légué une petite règle fort simple. Curieux des centaines de milliers de jeunes gens qui devinrent moines et moniales qui à ton école ont trouvé le chenin de la joie tranquille. À ta manière tu nous dis que notre vie doit tendre vers le Maître et tu nous invites, comme l'apôtre Paul, à courir à la suite de Jésus. Exigeant est le chemin mais quelle joie il apporte. Oui, Il faut être un athlète déterminé à marcher, à ramer et à sacrifier notre égoïsme ou volonté propre comme j'essaie de le faire au gré de la houle qui est parfois forte et qui cingle les parois de la barque. Ne suis-je pas fait de chair d'os et de sang?

Allez brave chien entrons dans la cabine mangeons et sommeillons... Couché je rêve zzzzzzzzzz oui il y a toujours une part d'espérance qui love en mon âme et ainsi je dors et... je me prépare à ce dernier envole, vers un ailleurs où tout sera lumière, et brilleront de mille feux ces diamants qui sertissent le ciel. Oh quelle merveille d'entendre l'orgue, on y joue toccata et fugue de J.S. Bach. Quelle envolée rythmée et scandée pour m'accueillir! Qui vois-je ? Des milliers de familiers tous des rescapés de l'Amour. Allons prendre le café me dit Fr Jean-Marie, Pierre l'apôtre est au comptoir et il sert... Toi l'inconnu as-tu deux minutes à lui donner? Tiens! je crois que j'entends quelqu'un qui vient chercher mon chien. NON pas question, il est mon compagnon d'infortune et des bons moments. Il est certes une bête mais il est le vivant fidèle jusqu'à la mort... Il veille toujours. Non criais-je dans mon rêve : n'y touchez pas.

Et je me suis réveillé.

Bonne montée pascale.

Allez, au revoir !

Charles Éd. Durand

Photos : rameau d'Elche, embarcation.

tags: Dimanche des Rameaux, Pape François, José, chien, mer, embarcation, vagues, saint Benoît, Subiaco, ermite, déliquescence, Fédérico Fellini, Satyricon, rameau d'olivier, J.S. Bach, tocatta et fugue, Pierre, Pâques.

 

                

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