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24/05/2014

Xavier Dolan a remporté samedi le Prix du jury pour son film Mommy.

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J'admire toujours la personne qui sait se rétracter, quand elle avoue qu'elle avait jugé un peu trop rapidement. Moi aussi en écoutant Xavier je me suis dit, ce gars est articulé il ne parle pas pour rien dire. Il y a chez Xavier, ce jeune adulte, une maturité acquise à l’épreuve, car il aura su avec détermination et sans faillir surmonter d’innombrables obstacles et maintenu ferme le cap malgré l’avalanche des difficultés à réaliser ses films, l'incrédulité des producteurs et pire encore des conseils négatifs qui fusaient d’un certain entourage qui tous lui disaient : reviens sur terre, ne te prends pas pour un autre, etc.  Il ne s'est pas laissé abattre par ces refus et cette culture ambiante si particulière au Québec.

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Après la cérémonie de remise des prix Xavier a durant sa conférence de presse à Cannes mis en relief certaines réalités qu'il nous a livrées. Il a comparé en prenant pour exemple des acteurs américains oscarisés qui ont baignés dans la culture américaine, d’avec celle si différente du Québec. Tel acteur, aujourd’hui renommé, a vécu dans un village quelconque du Midwest et a grandi dans une famille pauvre, mais le garçon avait des rêves et de l’ambition. Il voulait accomplir quelque chose de sa vie et il croyait à son rêve. Pour lui pas question de rêver sa vie, mais réaliser et vivre ce rêve forgé à l’adolescence.  Il savait qu'il allait devoir se former selon les exigences de la carrière choisie et apprendre les rudiments nécessaires à son art afin de s’y introduire et faire valoir ses talents. Il devait croire en lui et développer sa confiance.

Obligé par le milieu ce sera sur le tas que Xavier affrontera et surmontera les embûches. Oui, il taira ses peurs se battra pour se frayer un chemin et bâtir son destin, comme l'américain. Et sur cette route qu’il a choisie il réussira à s'accomplir. Xavier disait, (je cite de mémoire) parlant des américains que leur entourage les encourageait et les soutenait alors qu'au Québec, pourtant un territoire immense, on tend surtout à vous écraser, à ne pas avoir trop d'ambition ni d’essayer de se hisser au-dessus de la mêlée. Être riche est très mal vue au Québec. Perso j'en sais quelque chose : «tu rêves en couleur, pour qui tu te prends? Tu es un incapable, tu n’es qu’un raté, un bon à rien et tu ne réussiras rien de bon.» me répétait-on en ma jeunesse. Et j'y ai cru longtemps, car à force de te faire écraser, tu n'oses pas trop parler afin de ne pas te faire dire que tu dis des conneries ou que tu réfléchis mal. Le danger est grand, car tu peux en venir à croire que tu es un incapable, né pour un petit pain et un porteur d’eau, comme on disait autrefois. Or, je sais maintenant que je suis unique. Merci à mes professeurs, ces formateurs qui m’ont appris comment penser, non pas quoi penser, mais développer un discernement... etc. Dieu merci je ne suis pas un abruti. Je peux dire et écrire ce que je pense et je ne crains pas la disputatio.  Je peux argumenter et ma foi j’ai un esprit structuré.

Xavier Dolan parlait justement de cette tendance à écraser, malheureusement la ‘speakerine’ de LCN (TVA) interrompit la conférence de presse qu’il donnait juste au moment où il allait décrire l'ambiance négative qui prévaut au Québec. Cette tare culturelle si particulière au Québec. Avait-elle reçu ordre de la régie? Sans doute, car elle a parlé de n'importe quoi, jusqu'à ce que le régisseur lui souffle : c'est le temps de la pause. Ce qu'allait raconter Xavier Dolan, il ne fallait pas qu'on l'entende. Des fois que le peuple se réveille.  Que des dépendants de l’État prennent conscience de leur responsabilité et de leur dignité et qu’ils apprennent sur la dure comment se vaincre et surmonter les obstacles. La vie n’est pas une sinécure. Rien ne s’obtient sans effort, sans des renoncements.  Xavier en sait quelque chose. En est-il conscient ? je ne peux répondre à sa place.

Félicitation à Xavier Dolan ce jeune prodige du cinéma ce créateur génial qui atteint à l’universel ; lui qui sut s’affranchir d'une culture ambiante régressive. Tous diront qu’ils sont fiers de Xavier, c’est de bon aloi. On ne veut pas passer pour un Québécois qui fera tout pour décourager toute ambition chez ses compatriotes. Heureusement plusieurs jeunes, (pas tous hélas il y en a trop qui ignorent toujours que la dépendance à l'état est le cercueil d'un peuple), veulent sortir de ce carcan qui rend impuissants ceux et celles qui ont des talents et qui veulent les faire fructifier et non succéder à trois générations d’individus qui ne cessent de quémander à l’État providence. Ces jeunes ne veulent pas être des impuissants ni des incapables qui manquent d’imagination et de courage; ils veulent vivre et être des artisans de leur réussite. La vraie liberté c’est cela.

Xavier tu apportes aux contemporains de ta génération un message celui  de se prendre en mains, d'accepter de se sacrifier afin de se former sur la dure, sans doute, mais au bout du compte se réaliser. Voilà ce que c’est  d’être un homme.

Bonne chance Xavier dans ces études que tu entreprendras en Septembre à l’Université Mc Gill.

Bonne continuation et bon vent.

Charles Ed. Durand 

Photos de Xavier Dolan in La Presse, 2)Prix du Jury Festival de Cannes

tags: Xavier Dolan, Festival de Cannes, Prix du Jury, Mommy, film, rêve, culture américaine, se vivre, obstacles, les négatifs, culture du Québec, dépendance, cercueil, peuple, se vaincre, artisans, réussir, État providence. McGill University.

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