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30/08/2015

L'ÉIIL expédie des foules pour ruiner l'occident et provoquer des désordres irréversibles.

Le drame des "migrants" est désolant, épouvantable, inouï depuis des lustres en Europe. L'actualité en dresse chaque jour le catalogue funèbre.

             

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Le traitement de ce drame relève, bien sûr, pour une part et dans son ordre propre, de la charité, située, comme dirait Pascal, à une distance "infiniment plus infinie" que celle qui sépare "l'ordre des esprits (rationnels)" de "l'ordre des puissances" (pouvoir temporel). La charité, caritas ( agapè greffée sur l'amour trinitaire ) Mais il faut, sans confusion, clairement établir et évaluer les responsabilités. Elles incombent principalement aux "passeurs" sans scrupules, aux trafiquants coupables de négocier des "livres de chair humainedans des contrées où l'esclavage est désormais considéré comme "halâl"

La responsabilité ne pèse pas sur la conscience des Européens sédentaires que certains de nos "bons" évêques [C Éd.D: jovialistes] (je ne remonterai pas plus haut, révérence gardée) voudraient systématiquement culpabiliser s'ils froncent le sourcil et manifestent la moindre réticence à l'ouverture intégrale des frontièresElle pèse en revanche, évidemment, sur certains chefs d'état inconséquents 

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comme Sarkozy (et sa blanche et précieuse colombe  B.H.L.), qui ont, par exemple fragilisé la Lybie pour satisfaire la conscience en bandoulière des "humanistes" (j'ironise naturellement),devenus les "idiots utiles" de l'Etat Islamique. On se garde maintenant de rappeler que l'un des objectifs explicitement assumés de l'Etat Islamique est d'expédier machiavéliquement des foules innombrables de malheureux pour ruiner un Occident déjà ennemi de lui-même, bourreau de lui-même, et provoquer ainsi des désordres irréversibles. Ce fut dit et répété. On imagine le hideux sourire et le ricanement de Méphisto devant ce que le philosophe Pascal Bruckner dans un essai lucide intitulait "les sanglots de l'homme blanc", les sanglots de celui qui se juge par principe et intrinsèquement méchant. Dévoiement et confusion des "prières universelles" pendant les messes dominicales quiau lieu d'être dirigées vers les victimes des passeurs et du califat cruel qui s'est mis en place à la faveur du trop fameux "printemps arabe''et à l'intention de la sagesse des dirigeants qui ont pour mission première de veiller au Bien communvont dans le sens et l'intérêt de nos pires ennemis. 

Max Scheler.jpgMax Scheler, philosophe auquel saint Jean-Paul II a consacré sa thèse, brocardait la perversion de la charité lorsqu'elle devient "amour du lointain" plutôt que du prochain.  Après tout, que je sache, les jardins du Vatican n'ont pas été ouverts à la foule des immigrants et les "bons" chrétiens dits progressisteslégitimes propriétaires n'abandonnent pas systématiquement leurs biens gratuitement au logement des migrants, se contentant de prier... de façon comminatoire les responsables politiques de laisser rentrer tout le monde  au mépris du Bien communalors qu'ils préservent le bien de leur famille, leur patrimoine privé. 

       

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Après Pie XII, saint Jean-Paul II et Benoît XVI notamment, ont insisté sur le souci "pastoral" que les responsables politiques doivent avoir de leur troupeau. Ce qui est curieux, ce n'est pas là le moindre de leurs paradoxes , c'est que les chrétiens "progressistess'en prennent constamment à ce qu'ils appellent le "meaculpisme" qu'ils "ringardisent" et tendent à tout déculpabiliser au nom de sciences humaines abusivement prises comme paroles d'évangile sans aucune distance critique (psychanalyse, sociologie...), excepté dans des domaines où aucune faute n'est commise. C'est dingue.  

Max L,

Merci pour votre contribution à ce blogue. Vous avez une réflexion qui cerne la réalité sur le drame des migrants et des peuples d'Europe et sur la vacuité de trop de politiques sur les conséquences de cette invasion conquérante.

Charles Éd.

Photos: : Lampedusa, Getty image (AFP), Biographias y Vidas.

Tags: migrants, Blaise Pascal, charité, passeurs, trafiquants, esclavagistes, halâl, évêques, frontières, jovialistes, Nicolas Sarkozy, Bernard-Henri Lévy, idiots utiles, État Islamique, désordres irréversibles, Pascal Bruckner, Max Scheler, amour dévoyé, bien commun, Pie XII, saint Jean-Paul II, Benoît XVI, souci pastoral, responsables politiques, troupeau.

02/03/2015

RUSSIE. Boris Nemtsov: même pas 20 000 personnes à travers toute la Russie.

                                                                                                            

Moscou manif du 1 er mars 15 en Russie Nemtsov.jpg

Depuis hier la nouvelle de l’assassinat de Boris Nemstov survenu près du Kremlin sur le Grand Pont de pierre où il fut tiré de 4 balles dans le dos. Ce meurtre fait la une des bulletins de nouvelles, partout dans le monde. D’heure en heure le nombre de manifestants que l’on nous donnait augmentait sans cesse. Je m’y attendais, on suit CNN le ventriloque de la Maison Blanche. Au début de la manifestation vers 13 : 00 h on mentionna la présence de 10,000 manifestants puis chaque heure on grimpait de 10,000. Au bulletin de 17 : 00 h (LCN) on en était rendu à 60,000 puis au bulletin de 18 : 00 h : 70,000 manifestants. Pourtant la manif à Moscou était terminée depuis longtemps.

Samedi le 21 février celui qui agissait comme chef d’antenne en soirée à LCN et TVA interviewait le correspondant de TVA à Moscou. On pouvait apercevoir en arrière-plan le mur du Kremlin et la cathédrale Saint-Basile-le-bienheureux avec ses bulbes aux couleurs vives.

                                                                           

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On commence par parler de la terrible tragédie… que le peuple russe est bouleversé et patati et patata. Selon le chef d’antenne, Moscou serait au bord d’une tragédie dont on ne mesure pas encore l’ampleur ni les conséquences sur l’avenir de Vladimir Poutine. On nous répétait que Nemstov était un grand démocrate et qu’il fut au début des années 90 un proche de Boris Elstine voir son héritier présomptif qui lui succéderait à la tête de l’État. Poursuivant l’entrevue le chef d’antenne demande : -est-ce que la population de Russie est choquée de cet assassinat de l’adversaire le plus farouche de Poutine et se peut-il que sa mort oblige Poutine à démissionner? Nullement ne répondit le correspondant, ses opposants ceux de Nemstov représentent moins de 0.1% du peuple russe. Poutine a plus de 85% d’appui. Ainsi fut close l’interview et depuis le correspondant n’est plus passé à l’antenne.

 

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De Boris Nemstov âgé de 57 ans on taira ses liens avec les oligarques qui sous Eltsine détroussèrent les richesses du pays à leur seul profit avec pour grand allié l’Oncle Sam fort intéressé de s’emparer à vil prix des pans entiers de l’économie, des Banques, le rachat d'industries, des terres éventuellement, il convoitait les richesses naturelles du pays et de nos jours il porte un œil fort intéressé sur la Sibérie. Curieusement ce Nemstov ne dénoncera jamais les magouilles des oligarques ni le jeu trouble des émissaires américains alors qu’il fut vice-Premier ministre de 1990-1991.

Il est normal que plusieurs moscovites viennent sur le pont déposer des fleurs là où fut assassiné Boris Nemtsov.

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Pourquoi Boris Elstine choisit-il Vladimir Poutine comme successeur ? Boris avait confiance en un  seul autre politicien en Russie, qu’il savait intègre, c’était le maire de Saint-Pétersbourg, M. Anatoli Sobtchak. Se sachant près de la fin il sollicita son avis et lui demanda s’il connaissait un homme en qui il pouvait avoir confiance et qui ne serait pas un vautour qui détrousse le peuple et la Russie, comme cela se produisait en ces années chaotiques de 1990 qui suivirent la fin du régime communiste.

 

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Boris voyait bien que des oligarques  ploutocrates, voir les membres de sa famille et autres courtisans de son entourage n’allaient en rien améliorer le sort du peuple. Je ne m’étendrai pas sur les motifs qui amenèrent le maire de Saint-Pétersbourg à suggérer Vladimir Poutine. Son travail, il l'avait observé. Et Vladimir avait étudié le droit à l'Université il en sortit diplômé en 1975 en ayant fait sa thèse de Maîtrise sur les relations politiques des États-Unis d'Amérique avec les pays africains. Il était irréprochable et reconnu pour son intégrité. Il apprenait très vite et le maire constata que son protégé avait pris la mesure des magouilleurs et des oligarques qui détroussaient la Russie et réduisaient à la mendicité le peuple russe. Vladimir apprit à se taire ce qui ne l’empêcha pas de tout noter. Il était un homme loyal au maire de Saint-Pétersbourg. Sobtchak avait su sonder l’homme et vérifier s’il pouvait avoir confiance en lui et quel était son intérêt envers le peuple russe et la Russie. Pour ces raisons et d'autres, c’est ce qui le décida à le recommander au président Boris Eltsine.

         

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Boris ne se faisait plus d’illusion sur ceux qui l’entouraient. Et Vladimir Poutine rendu à Moscou fut introduit dans ''le saint des saints'', il ne fit pas de vague, mais observa et il sut gagner la confiance et du président et de la tribu des Elstine ; alors qu’approchait le retrait du président Eltsine de la scène politique, le clan choisit Vladimir Poutine comme successeur d’Elstine.

 

On connaît son ascension il fut financièrement soutenu par un oligarque qui défraya presque tous les frais de sa campagne à la présidence. N’oublions pas que Vladimir était un inconnu en Russie. Un nobody. Puis il fut élu président. Le premier acte officiel qu’il entama fut de convoquer tous les oligarques, ces véreux qui s’étaient enrichis aux dépens du peuple et des intérêts majeurs du pays. Il leur intima l’ordre de faire le ménage de cesser de saigner le peuple russe et le pays. Bref, il leur dit : la récréation est terminée. S’ils ne changeaient pas, ils iraient en prison et leurs biens seraient confisqués et versés à l’État.  Dès la sortie de la réunion tous comprirent que le nouveau président n’entendait pas à se soumettre aux dictats des oligarques. Plus est ils devaient tous, y compris celui qui avait payé la majeure partie des frais de son élection, verser à la Russie les impôts et autres dividendes frauduleusement acquis. Fin de la récréation. Disons que l’oncle Sam apprécia très peu et n’apprécie toujours pas l’éthique du nouveau chef de l’État et de son amour pour sa patrie. Un Robin des Bois succédait à un Boris diminué et usé par l’alcool.

 

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Revenons à la mascarade que nous font subir les médias de partout en Occident. On diabolise Vladimir Poutine, on laisse courir la rumeur qu’il serait le commanditaire de l’assassinat. Curieuse la vitesse de cette accusation répétée en chœur dans tous les médias d’occident. Écoutons les chefs d’État quelques heures à peine après la mort tragique de Boris Nemstov, ils réclament une enquête impartiale. Or comment se fait-il que l’amie qui l’accompagnait la ‘‘top modèle’’Anna Durickaya témoin de la scène fut épargnée ? On ne parle jamais d’elle dans les bulletins. Vous ne trouvez pas cela curieux ? 

Écoutez les politiques d’Occident… Ils sont émus et scandalisés par ce meurtre et condamnent le ou les commanditaires de cet assassinat (Sous-entendu Vladimir Poutine).

 

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Aucun de ces leaders ne s’est ému de la décapitation de 21 chrétiens Coptes (Égyptiens dira F Hollande pour ne pas avoir à prononcer le mot ''chrétien'') survenus en Libye par l’EIIL ni de l’enlèvement de 200 chrétiens en Syrie par les mêmes djihadistes musulmans qui vont éliminer ces mécréants, car ainsi l’exige le Coran, Parole d’Allah.

Quand va-t-on parler de ceux qui sont persécutés? Ces Assyriens qui sont massacrés et ceux qui ont réussi à s'enfuir. En Suède s'est déroulée une manifestation contre l'EIIL ou ISIS en anglais. JE SUIS CHRÉTIEN.

 

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ADDENDA

Je viens de lire l'Observatoire de la Christianophobie et j'y retrouve cette photo, or je l'avais prise sur l'agence Assyrian International News Agency. Or selon ce que nous rapporte Daniel Hamiche qui l'a aussi publiée elle fut prise à San Francisco (Bay Area) lors d'une assemblée de fidèles des Églises orientales qui protestaient contre l'assassinat de 21 Coptes égyptiens.

À qui profite le crime ? Voilà la question qui doit retenir notre attention.

[Or toute cette zone, adjacente aux bureaux présidentiels du Kremlin, est entièrement couverte de caméras de contrôle et étroitement surveillée par la police. Le meurtre n’a donc pas pu échapper aux services de sécurité. L’identité de la voiture et celle de ses occupants devraient pour le moins être rapidement établies. Selon les premières informations de la presse, il s’agit d’une Ford blanche. Une chaîne russe a diffusé la vidéo d'une voiture qui aurait pu transporter l'auteur(s) de l'assassinat. Mais il n'est pas clair si une ou plusieurs personnes se trouvaient à l'intérieur et si les tirs sont venus d'un seul pistolet.

Une heure après l’assassinat, Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, a livré les premiers commentaires officiels. Une rapidité surprenante : le chef du Kremlin est réputé pour ne pas réagir à chaud aux évènements. « Le président a déclaré que cet assassinat brutal portait les marques d’un meurtre commandité et avait tout d’une provocation », a déclaré Dmitri Peskov, ajoutant que Vladimir Poutine avait demandé au Comité d’enquête, au ministère de l’Intérieur et au FSB d’enquêter sur cet assassinat. Ce samedi en début d'après-midi, Vladimir Poutine a déclaré que "Tout sera fait pour que les organisateurs de ce meurtre soient châtiés".

"Il ne fait aucun doute que ce crime a été minutieusement planifié, tout comme le lieu choisi pour le meurtre selon toute vraisemblance, l'arme qui a été utilisée est un pistolet Makarov " a fait savoir le comité d’enquête dans un communiqué, émis samedi avant-midi.]Source : Les Échos.fr

Présentement tout ce qui concerne cet attentat les sous-entendus s’inscrivent dans l’escalade des provocations et des sanctions menées par le Président Obama et ses séides de l’U.E. et du Canada (je ne vois vraiment pas ce que le PM Mr Harper a à gagner en se rangeant derrière Obama).

On prépare l’opinion publique occidentale pour déclencher la 3e guerre mondiale.

Pourtant on ignore volontairement le sort des chrétiens d’Orient persécutés et partout en des pays où des islamistes sèment la terreur et la mort et entreprennent des guerres civiles comme au Nigéria, en Thaïlande, aux Philippines, au Soudan. Ils s'incrustent au Libye et l'Algérie sera le prochain pays. L’occident  laisse faire et se tait. Obama a beau s’évertuer, à dire que ce n’est pas l’Islam je regrette, mais je pense qu’en sa jeunesse il a retenu les leçons apprises dans l'école coranique qu’il a fréquentée comme la Taqïya (stratégie de défense mentir est une ‘‘ruse divine’’). En effet il est licite pour un musulman de mentir si il est pris en situation d’un danger imminent qui pourrait se retourner contre les intérêts de l’islam et de lui-même. Ce que pratique sans pudeur le locataire du bureau ovale. Qui, par ailleurs, osera dénoncer le double jeu de la Turquie versus l’EIIL ? du Qatar de l’Arabie-Saoudite les financiers qui paient les djihadistes et achètent l’appui des pays, comme le Canada où l’Arabie Saoudite vient de signer un contrat de 16 milliards en armement…C'est dure de défendre les chrétiens, particulièrement celui qui sera condamné à mort pour apostasie. Sa femme et ses trois enfants vivent à Sherbrooke dans les cantons de l'Est.

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On nous ment et cela sent le soufre, comme des œufs pourris. La gauche n’aime pas Poutine. Mikhaïl Gorbatchev, bien qu’éloigné politiquement de Vladimir Poutine, il dénonce avec force la politique agressive menée par Barack Hussein Obama et stigmatise la lâcheté de ceux qui en Occident suivent ses ordres. Il l’accuse de vouloir détruire (faire main basse sur) la Russie et d’y placer ses hommes à la tête du pays, comme il le fait en Ukraine et par le passé en Géorgie.

Il est temps de nous réveiller. L’ennemi n’est pas la Russie encore moins Poutine, mais l’Islam. Réveillons-nous, remettons-nous en question et n’ayons pas peur de ne pas suivre ces laquais que sont ces politiques qui nous gouvernent. Au nom de qui au juste ? Ils se tiennent cachés.

Charles Éd. Durand

Source: Les Échos. Fr  

Photos : manifestants (Allain Jules), Cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, Boris Nemtsov (AFP), dépôt de fleurs (les ÉChos français.fr), Boris Elstine, (photo d'archives), vue sur le Kremlin (photo d'archives), Anna Durickaya (Alain Jules), 21 martyrs coptes, des manifestants en Suède (AINA), Michaïl Gorbatchev (AFP).

Tags: Boris Nemtsov, assassinat, oligarques, Kremlin, Pont, Anna Durickaya, top modèle, Saint-Petersbourg, Anatolie Sobtchak, maire, Moscou, clan Elstine, Oncle Sam, U.E. Harper, Arabie-Saoudite, Qatar, décapitation, 21 chrétiens, Coptes, Libye, Égypte, François Hollande, EIIL, djihadistes, Turquie, Mikhaïl Gorbatchev, Comité d'enquête, 3e guerre mondiale, Nigéria, Thaïlande, Philippines, Soudan, Algérie, la Taqïya, Daniel Hamiche, l'Observatoire de la Christianophobie.

17/02/2015

L'Union Européenne est une cité délirante qui s'écroule sous l'apostasie.

                                     

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Fabrice Hadjadj est écrivain et philosophe, directeur de l’Institut européen d’études anthropologiques Philanthropos. Son dernier essai, «Puisque tout est en voie de destruction», a été publié chez Le Passeur Éditeur (avril 2014).

Voici l’intégrale de l’intervention donnée par le philosophe Fabrice Hadjadji en Italie à la Fondation de Gasperi devant les ministres italiens de l’Intérieur et des Affaires étrangères, le président de la communauté juive de Rome, le vice-président des communautés religieuses islamiques de la ville.

L’Europe, l’Occident et l’Italie avant et après Paris

 Rome le 5 février 2015

 

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Chers Djihadistes

C’est le titre d’une lettre ouverte publiée par Philippe Muray – un de nos plus grands polémistes français – peu après les attentats du 11 septembre 2001Cette lettre s’achève par une série d’avertissements aux terroristes islamiques, mais ceux qu’elle vise en vérité, par ricochet et par ironie, ce sont les Occidentaux fanatiques du confort et du supermarché......

« Chers Djihadistes, craignez la colère du consommateur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis ? Eh bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement. […] Nous nous battrons pour tout, pour les mots qui n’ont plus de sens et pour la vie qui va avec. »

Et l’on peut ajouter aujourd’hui : nous nous battrons spécialement pour Charlie Hebdo, journal hier moribond, et qui n’avait aucun esprit critique – puisque critiquer, c’est discerner, et que Charlie mettait dans le même sac les djihadistes, les rabbins, les flics, les catholiques, les Français moyens – mais nous en ferons justement l’emblème de la confusion et du néant qui nous animent !

Voilà à peu près l’état de l’État français. Au lieu de se laisser iinterpeller par les événements, il en remet une couche, il en profite pour se payer sa bonne conscience, remonter dans les sondages, se ranger du côté des victimes innocentes, de la liberté bafouée, de la moralité outragée, pourvu qu’on ne reconnaisse pas le vide humain d’une politique menée depuis plusieurs décennies, ni l’erreur d’un certain modèle européocentrique selon lequel le monde évoluerait fatalement vers la sécularisation, alors qu’on assiste presque partout ailleurs, et au moins depuis 1979, à un retour du religieux dans la sphère politique. Mais voilà : cette trop bonne conscience et cet aveuglement idéologique sont en train de préparer pour bientôt, sinon la guerre civile, du moins le suicide de l’Europe.

La première chose qu’il faut constater, c’est que les terroristes des récents attentats de Paris sont des Français, qu’ils ont grandi en France et ne sont pas des accidents ni des monstres, mais des produits de l’intégration à la française, de vrais rejetons de la République actuelle, avec toute la révolte que cette descendance peut induire.

– En 2009, Amedy Coulibaly, l’auteur des attentats de Montrouge et du supermarché casher de Saint-Mandé, était reçu au palais de l’Élysée par Nicolas Sarkozy avec neuf autres jeunes choisis par leurs employeurs pour témoigner des bienfaits de la formation par alternance : il travaillait alors en contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola de sa ville natale de Grigny.

– Les frères Kouachi, orphelins issus de l’immigration, furent recueillis entre 1994 et 2000 dans un Centre d’éducation en Corrèze appartenant à la fondation Claude-Pompidou. Au lendemain de la fusillade au siège de Charlie Hebdo, le chef de ce Centre éducatif marquait sa stupéfaction : « On est tous choqués par l’affaire et parce qu’on connait ces jeunes. On a du mal à s’imaginer que ces gamins qui ont été parfaitement intégrés (ils jouaient au foot dans les clubs locaux) puissent comme ça délibérément tuer. On a du mal à y croire. Durant leur parcours chez nous, ils n’ont jamais posé de problème de comportement. Saïd Kouachi […] était tout à fait prêt à rentrer dans la vie socio-professionnelle » Ces propos ne sont pas sans rappeler ceux du maire de Lunel – petite ville du Sud de la France – qui s’étonnait que dix jeunes de sa commune soient partis faire le djihad en Syrie, alors qu’il venait de refaire un magnifique skate park au milieu de leur quartier…

Quelle ingratitude ! Comment ces jeunes n’ont-ils pas eu l’impression d’avoir accompli leurs aspirations les plus profondes en travaillant pour Coca-Cola, en faisant du skate board, en jouant dans le club de foot local ?

Comment leur désir d’héroïcité, de contemplation et de liberté ne s’est-il pas senti comblé par l’offre si généreuse de choisir entre deux plats surgelés, de regarder une série américaine ou de s’abstenir aux élections ?

Comment leurs espérances de pensée et d’amour ne se sont-elles pas réalisées en voyant tous les progrès en marche, à savoir la crise économique, le mariage gay, la légalisation de l’euthanasie ? Car c’était précisément le débat qui intéressait le gouvernement français juste avant les attentats : la République était toute tendue vers cette grande conquête humaine, la dernière sans doute, à savoir le droit d’être assisté dans son suicide ou achevé par des bourreaux dont la délicatesse est attestée par leur diplôme en médecine

Comprenez-moi : les Kouachi, Coulibaly, étaient « parfaitement intégrés », mais intégrés au rien, à la négation de tout élan historique et spirituel, et c’est pourquoi ils ont fini par se soumettre à un islamisme qui n’était pas seulement en réaction à ce vide mais aussi en continuité avec ce vide, avec sa logistique de déracinement mondial, de perte de la transmission familiale, d’amélioration technique des corps pour en faire de super-instruments connectés à un dispositif sans âme…

Un jeune ne cherche pas seulement des raisons de vivre, mais aussi, surtout – parce que nous ne pouvons pas vivre toujoursdes raisons de donner sa vie. Or y a-t-il encore en Europe des raisons de donner sa vie ? La liberté d’expression ? Soit ! Mais qu’avons-nous donc à exprimer de si important ? Quelle Bonne nouvelle avons-nous à annoncer au monde ?

Cette question de savoir si l’Europe est encore capable de porter une transcendance qui donne un sens à nos actions – cette question, dis-je, parce qu’elle est la plus spirituelle de toutes, est aussi la plus charnelle. Il ne s’agit pas que de donner sa vie ; il s’agit aussi de donner la vie. Curieusement, ou providentiellement, dans son audience du 7 janvier, le jour même des premiers attentats, le pape François citait une homélie d’Oscar Romero montrant le lien entre le martyre et la maternité, entre le fait d’être prêt à donner sa vie et le fait d’être prêt à donner la vie. C’est une évidence incontournable : notre faiblesse spirituelle se répercute sur la démographie ; qu’on le veuille ou non, la fécondité biologique est toujours un signe d’espoir vécu (même si cet espoir est désordonné, comme dans le natalisme nationaliste ou impérialiste).

Si l’on adopte un point de vue complètement darwinien, il faut admettre que le darwinisme n’est pas un avantage sélectif. Croire que l’homme est le résultat mortel d’un bricolage hasardeux de l’évolution ne vous encourage guère à avoir des enfants. Plutôt un chat ou un caniche. Ou peut-être un ou deux petits sapiens, par inertie, par convention, mais au final moins comme des enfants que comme des joujoux pour exercer votre despotisme et vous distraire de votre angoisse (avant de l’aggraver radicalement). La réussite théorique du darwinisme ne peut donc aboutir qu’à la réussite pratique des fondamentalistes qui nient cette théorie, mais qui, eux, font beaucoup de petits. Une amie islamologue, Annie Laurent, eut pour moi sur ce sujet une parole très éclairante : « L’enfantement est le djihad des femmes. »

Ce qui détermina jadis le Général de Gaulle à octroyer son indépendance à l’Algérie fut précisément la question démographique. Garder l’Algérie française en toute justice, c’était accorder la citoyenneté à tous, mais la démocratie française étant soumise à la loi de la majorité, et donc à la démographie, elle finirait par se soumettre à la loi coranique. De Gaulle confiait le 5 mars 1959 à Alain Peyrefitte : « Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

Il y a certes une libération de la femme dont nous pouvons être fiers, mais lorsque cette libération aboutit au militantisme contraceptif et abortif, la maternité et la paternité étant désormais conçus comme des charges insupportables pour des individus qui ont oublié qu’ils sont d’abord des fils et des filles, cette libération ne peut que laisser la place, après quelques générations, à la domination en nombre des femmes en burqa, car les femmes en mini-jupes se reproduisent beaucoup moins.

Nous avons beau jeu de protester : « Oh ! la burqa ! quelles mœurs barbares ! » Ces mœurs barbares permettent, par une immigration compensant la dénatalité européenne, de faire tourner notre civilisation du futur – enfin, d’un futur sans postérité (Rémi Braque).

Au fond, les djihadistes commettent une grave erreur stratégique : en provoquant des réactions indignées, ils ne réussissent qu’à ralentir l’islamisation douce de l’Europe, celle que présente Michel Houellebecq dans son dernier roman (paru aussi le 7 janvier), et qui s’opère du fait de notre double asthénie religieuse et sexuelle.  À moins que notre insistance à « ne pas faire d’amalgame », à dire que l’islam n’a rien à voir avec l’islamisme (alors qu’aussi bien le président égyptien Al-Sissi que les frères musulmans nous disent le contraire), et à nous culpabiliser de notre passé colonial – à moins que toute cette confusion nous livre avec encore plus d’obséquiosité vaine au processus en cours.

Il est en tout cas une vanité que nous devons cesser d’avoir – c’est de croire que les mouvements islamistes sont des mouvements pré-Lumières, barbares comme je le disais plus haut, et qui se modéreront sitôt qu’ils découvriront les splendeurs du consumérisme.

En vérité, ce sont des mouvements post-Lumières. Ils savent que les utopies humanistes, qui s’étaient substituées à la foi religieuse, se sont effondrées. En sorte qu’on peut se demander avec raison si l’islam ne serait pas le terme dialectique d’une Europe techno-libérale qui a rejeté ses racines gréco-latines et ses ailes juive et chrétienne : comme cette Europe ne peut pas vivre trop longtemps sans Dieu ni mères, mais comme, en enfant gâtée, elle ne saurait revenir à sa mère l’Église, elle consent finalement à s’adonner à un monothéisme facile, où le rapport à la richesse est dédramatisé, où la morale sexuelle est plus lâche, où la postmodernité hi-tech bâtit des cités radieuses comme celles du Qatar. Dieu + le capitalisme, les houris de harem + les souris d’ordinateur, pourquoi ne serait-ce pas le dernier compromis, la véritable fin de l’histoire ?

Une chose me paraît certaine : ce qu’il y a de bon dans le siècle des Lumières ne saurait plus subsister désormais sans la Lumière des siècles. Mais reconnaîtrons-nous que cette Lumière est celle du Verbe fait chair, du Dieu fait homme, c’est-à-dire d’une divinité qui n’écrase pas l’humain, mais l’assume dans sa liberté et dans sa faiblesse ?

Telle est la question que je vous pose en dernier lieu : Vous êtes romains, mais avez-vous des raisons fortes pour que Saint-Pierre ne connaisse pas le même sort que Sainte-Sophie ? Vous êtes italiens, mais êtes-vous capable de vous battre pour la Divine Comédie, ou bien en aurez-vous honte, parce qu’au chant XXVIII de son Enfer, Dante ose mettre Mahomet dans la neuvième bolge du huitième cercle ? Enfin, nous sommes européens, mais sommes-nous fiers de notre drapeau avec ses douze étoiles ? Est-ce que nous nous souvenons même du sens de ces douze étoiles, qui renvoient à l’Apocalypse de saint Jean  et à la foi de Schuman et De Gasperi ? Le temps du confort est fini. Il nous faut répondre, ou nous sommes morts : pour quelle Europe sommes-nous prêts à donner la vie ?

Fabrice Hadjadj

Photos: Fabrice Hadjadj, djihadiste et un martyr chrétien.

Source : reçue d'une amie Sr Lydia.

tags: Fabrice Hadjad, Italie, Amedy Coulibaly, 2009, L'Élysée, NIcolas Sarkozy, Les frères Kouachi, Fondation Claude Pompidou, immigration, djihad, intégration au rien, Europe, démographie, fécondité. Général de Gaule, Algérie, Alain Peyrefitte, 1959, Annie Laurent, racines greco-latines, ailes juive et chrétienne, président Al-Sissi, frères musulmans, drapeau de l'U.E.